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01/06/2020
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Concurrence déloyale – Le Maroc veut « réviser l’accord » de libre-échange avec la Turquie ou « le déchirer » carrément

Ras-le-bol. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, a révélé lundi que le Maroc était pour une révision de l’accord de libre-échange avec la Turquie ou son abandon, faisant état des »lourdes pertes financières » que subit l’économie marocaine à cause de cet accord, des pertes qui s’élèvent à deux milliards de dollars.

A la veille de la visite, mercredi au Maroc, de la ministre turque du Commerce, Elalamy a souligné que le Maroc ne peut rester lié par accord de libre-échange avec la Turquie sous sa forme actuelle, affirmant: « Je leur ai dit clairement, soit l’on trouve des solutions et revoir cet accord, soit on le déchire »

Le ministre, dont les propos ont été relayés par Hespress, a ajouté, lors de la séance des questions hebdomadaire à la Chambre des représentants, que le Maroc annulera tout accord commercial qui cause des pertes à l’économie nationale.

Il y a quelques semaines, Elalamy avait rencontré, en marge de la 34ème réunion du Comité permanent de coopération économique et commerciale de l’Organisation de coopération islamique (COMCEC), son homologue turque, Ruhsar Pekcan, et l’a informée de l’aggravation du déficit de la balance commerciale en faveur de la Turquie et des répercussions négatives de l’accord de libre échange sur les entreprises marocaines.

+ Nous ne pouvons pas accepter qu’un État supprime des emplois dans notre pays +

Dans sa réponse aux questions des députés, le responsable gouvernemental a également indiqué que le Maroc n’acceptera la destruction d’aucun pays, quelle que soit son économie nationale, avant d’ajouter : « Nous n’avons de problème avec aucun pays, mais en même temps nous ne pouvons pas accepter qu’un État supprime des emplois dans notre pays ».

« Le Maroc a des accords de libre-échange avec 56 États, et il est impossible de les condamner tous car ils nous ont donné des résultats positifs dans certains secteurs, dont l’accord commercial avec l’Amérique, les exportations du Maroc vers ce pays ayant augmenté de 16% sur une période de 10 ans, de 13% avec les pays arabes et de 12% avec les Émirats arabes unis et de 23% avec la Turquie », a-t-il poursuivi.

Elalamy a, cependant, estimé que « le problème réside dans le déficit commercial causé par certains accords, dont celui de libre-échange avec la Turquie ».

« C’est pourquoi, nous revoyons aujourd’hui certains accords, mais pas tous », a-t-il assuré.

Le gouvernement reconnaît, selon un rapport annexe au projet de loi de finances 2020, que la Turquie profite grandement de l’accord, le déficit commercial du Maroc avec ce pays ayant considérablement augmenté, passant de 4,4 milliards de dirhams en 2006 à 16 milliards de dirhams en 2018.

Article19.ma

OUAZZANI C.
Author: OUAZZANI C.

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