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06/08/2020
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A la BAD, le retentissant Adesina bashing

epa04774729 Newly-elected President of the African Development Bank Akinwumi Adesina delivers a speech during the closing of the African Development Bank 50th anniversary forum in Abidjan, Ivory Coast, 29 May 2015. The launch of the joint annual report on Africa's economic performance produced by the African Development Bank, the OECD Development Centre and the UN Development Programme took place in Abidjan, Ivory Coast, between 25-29 May 2015. EPA/LEGNAN KOULA

Abidjan – Sur la sellette depuis la mise sous presse début avril d’un article au journal français “Le Monde”, le taxant de “favoritisme”, le flamboyant président de la BAD, Akinwumi Adesina, fait face à une inclémente diatribe de la part de certains de ses subordonnés, à telle enseigne que sa reconduction attendue à la tête de la Banque est désormais sérieusement compromise.

Dans cette affaire retentissante qui a fait les choux gras de la presse africaine et internationale, les événements s’enchainent depuis que des “lanceurs d’alerte”, se présentant comme des employés “préoccupés” de la BAD, ont accusé leur président de “favoritisme”, d’attitude “contraire à l’éthique” et, pour enfoncer le clou, d’”enrichissement personnel”.

Ces charges de prévarication, tout aussi lourdes qu’inédites à la BAD, viennent, par la force des choses, fragiliser une réélection qui, peu avant l’éclatement de l’affaire, semblait être un secret un de polichinelle.

Avant la mise au grand jour du dossier, Adesina, ex-ministre nigérian de l’Agriculture et seul candidat à sa propre succession, avait reçu le soutien officiel de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), outre certains Etats africains.

Or, les choses ont pris une mauvaise tournure pour ce brillant spécialiste de l’agriculture et du développement qui, peut-être, s’attendait à tout sauf à un factum violent et réprobateur venant des siens.

Soufflant sur les braises, Washington, un des principaux actionnaires de la BAD, est monté au créneau et a exigé une enquête “approfondie” sur ces allégations par un “enquêteur extérieur indépendant”.

Dans une lettre datée du 22 mai et adressée à Kaba Nialé, présidente du bureau des gouverneurs de la BAD, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a formulé des “réserves” de l’administration US quant au processus suivi par le comité d’éthique le BAD, chargé d’enquêter sur cette affaire et qui avait conduit à blanchir M. Adesina.

Le rapport d’enquête du comité d’éthique avait été transmis aux gouverneurs de l’institution le 5 mai par Kaba Nialé qui avait proposé d’adopter les conclusions de l’enquête en “déclarant que le président est entièrement exonéré de toutes les allégations formulées à son encontre”.

Coup de théâtre. Le bureau des gouverneurs de la BAD, qui a tempéré dans un premier temps en niant l’ouverture d’une enquête contre son président, vient de donner son aval pour une revue “indépendante” du rapport d’enquête dudit Comité d’éthique.

“Dans le but de réconcilier les différents point de vue de chaque gouverneur dans la résolution de cette affaire, le bureau convient d’autoriser une revue indépendante du rapport du Comité d’éthique des conseils d’administration”, essayait d’expliquer, non sans embarras, un communiqué de Kaba Nialé, par ailleurs ministre ivoirienne du Plan et du développement.

Le rapport concerne notamment les allégations examinées par le Comité d’éthique et les éléments fournis par le président du groupe de la BAD dans l’intérêt d’une procédure en bonne et due forme, précise le texte.

Face au pamphlet dont il fait l’objet, Adesina, “personnalité africaine de l’année” en 2013 selon le magazine Forbes, a fortement clamé son “innocence”, affirmant que malgré des “tentatives sans précédent pour ternir ma réputation, je maintiens que je suis innocent. Je vais donc continuer à travailler avec tous les actionnaires de la Banque”.

Se fendant d’un communiqué, le patron de la BAD a affirmé avoir reçu “des marques de soutien du monde entier ces dernières semaines (..) face à ces fausses allégations qui visent à porter atteinte à mon honneur et mon intégrité, ainsi qu’à la réputation de la BAD”.

A 60 ans, Akinwumi Adesina, à la tête de la BAD depuis 2015, voit l’image de sa brillante carrière écornée par un tas d’accusations de mal-gouvernance. Pour rempiler, il doit surtout dégainer toute la pertinence qui a fait sa fulgurante ascension. Il doit surtout le faire très vite, l’élection étant prévue pour fin août prochain.

MAP

OUAZZANI C.
Author: OUAZZANI C.

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