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24 octobre 2026
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PLF 2027 : Lekjaa veut concilier engagements gouvernementaux et équilibre des finances publiques

Le projet de loi de finances (PLF) au titre de l’année budgétaire 2027 vise à concilier la mobilisation des moyens disponibles pour accélérer la concrétisation des engagements du gouvernement avec la consolidation des marges de manœuvre financières et économiques nécessaires à leur pérennisation, dans un contexte international qui appelle à la vigilance et à une hiérarchisation judicieuse des priorités, a affirmé, vendredi, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa.
Lors de la présentation du PLF 2027, au cours d’une séance plénière commune à la Chambre des représentants, M. Lekjaa a souligné que « les mutations mondiales et les risques qui en découlent imposent de renforcer la résilience de l’économie nationale et de préserver les marges de décision souveraine ».
Cela requiert, a-t-il poursuivi, de « stimuler l’investissement productif, de renforcer les ressources de l’État et d’orienter les dépenses vers les priorités à fort impact économique et social ».
Dans ce contexte, le ministre a relevé que la préservation de l’équilibre des finances de l’État constitue une condition essentielle à la poursuite des réformes et à la protection durable des droits sociaux. La solidité des finances publiques, a-t-il fait valoir, « permet de respecter les engagements, de faire face aux crises avec force et de disposer d’une vision claire pour poursuivre les chantiers de développement ».
« Il nous incombe de veiller à ce que chaque dirham d’argent public soit affecté à une destination clairement définie et produise un impact tangible, et de faire de l’efficacité de la dépense publique et de la reddition des comptes des responsables des principes fondamentaux de l’exercice de la responsabilité politique », a-t-il dit.
Un contexte international incertain qui appelle à la vigilance
Parallèlement, M. Lekjaa a précisé que le PLF a été élaboré dans un contexte international marqué par la persistance des incertitudes, alors que la croissance de l’économie mondiale devrait connaître une légère reprise pour atteindre 3,4 % en 2027, contre 3,1 % en 2026.
La croissance de la zone euro, principal partenaire commercial du Royaume, devrait, quant à elle, rester modérée, à hauteur de 1,1 % en 2026 et de 1,2 % en 2027, ce qui rend nécessaire la poursuite de la diversification des marchés extérieurs et des sources de croissance de l’économie nationale, a-t-il ajouté.
Face à ces mutations, le ministre a affirmé que le Maroc capitalise sur les acquis des réformes et des chantiers engagés sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en vue de renforcer sa résilience et de tirer parti des opportunités offertes par la reconfiguration de l’économie mondiale.
Croissance, inflation et finances publiques : les indicateurs attendus pour 2026
Au niveau national, le projet a été élaboré dans un contexte où la croissance économique devrait atteindre 4,7 % en 2026, a-t-il indiqué. Cette estimation repose sur une progression de 2,9 % des activités non agricoles et sur un rebond de 18 % de l’activité agricole, dans un contexte marqué par une récolte céréalière de 90 millions de quintaux au titre de la campagne agricole 2025-2026.
Cette dynamique, selon M. Lekjaa, devrait s’accompagner d’une maîtrise de l’inflation autour de 0,7 %, tandis que les réserves de change devraient couvrir près de six mois d’importations à la fin de l’année.
S’agissant des finances publiques, le ministre a noté que le déficit budgétaire devrait être ramené à 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, soit une amélioration d’un demi-point par rapport à 2025, tandis que le taux d’endettement devrait se stabiliser à 67,5 % du PIB.
Cette trajectoire est soutenue par « la bonne performance des recettes fiscales, qui ont atteint 288,3 milliards de dirhams (MMDH) à fin septembre 2026, en hausse de 30,2 MMDH, soit 11,7 % par rapport à la même période de l’année précédente », a expliqué M. Lekjaa.
Ces données offrent au Royaume une base lui permettant de poursuivre les réformes et de financer ses priorités, tout en confirmant la nécessité de renforcer la croissance non agricole, de consolider les ressources durables du pays et de préserver les équilibres qui garantissent sa capacité d’intervention, a relevé le ministre.
État social : concilier développement économique et justice sociale
Dans ce sillage, M. Lekjaa a souligné que la construction d’un État social fondé sur la justice sociale exige une approche intégrée conciliant les dimensions économique et sociale, estimant qu’un tel modèle ne saurait reposer sur une politique économique qui s’oppose aux impératifs sociaux et privilégie les logiques de monopole et d’exclusion.
Ainsi, il a relevé que si l’État doit créer les conditions propices à l’investissement productif et à l’initiative privée, générateurs de richesse, il lui revient également de protéger le droit des citoyens à une vie digne et de veiller à ce que le marché ne devienne pas un espace sans régulation, au détriment des populations les plus modestes et du pouvoir d’achat des familles.
C’est à cette condition seulement que l’on peut parler d’État social, a soutenu le responsable gouvernemental. Il s’agit, a-t-il précisé, d’un État qui ne se limite pas à assurer la couverture médicale et l’aide directe, mais qui intervient également pour lutter contre la corruption et les conflits d’intérêts, garantir la sécurité alimentaire et énergétique et combattre les monopoles, afin d’ouvrir des perspectives de développement aux petites et moyennes entreprises.
Cette approche devrait permettre de créer un cadre propice au respect des droits et des obligations des différentes catégories de la société, conformément aux dispositions de la Constitution du Royaume, a-t-il ajouté.
Renforcer l’État de droit et soutenir les entreprises
En effet, M. Lekjaa a souligné que la réalisation de ces objectifs dépend de la mise en œuvre d’une politique économique visant à réunir les conditions nécessaires à l’avènement d’un Maroc émergent. Cela exige, avant tout, de renforcer l’État de droit, sur les plans législatif et exécutif, afin de garantir la transparence et la protection juridique de la libre entreprise, notamment des très petites, petites et moyennes entreprises.
Dans cette perspective, le ministre a appelé à un débat parlementaire approfondi et responsable sur les choix retenus dans ce projet, à même d’en enrichir le contenu et d’en renforcer l’impact, dans le respect des compétences de chaque institution et du rôle constitutionnel de l’opposition, conformément aux dispositions de la Constitution, et ce, dans un souci de préservation des équilibres des finances publiques.
Avec MAP

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