Le Conseil des ministres présidé ce jeudi par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Palais Royal de Rabat a placé la gouvernance territoriale au cœur de l’agenda institutionnel du Royaume. À travers une réforme de fond articulant ambition budgétaire, renouveau juridique et responsabilisation des acteurs locaux, le Maroc accélère la mise en œuvre de sa vision de la régionalisation avancée.
Ce qui distingue cette nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, c’est avant tout sa philosophie. Pour la première fois, les priorités ne sont plus définies depuis le sommet et déployées vers les territoires : elles émergent du terrain, construites à partir des besoins exprimés localement par les citoyennes et citoyens.
Une vaste opération de concertation a été conduite dans l’ensemble des préfectures et provinces du Royaume, aboutissant à un diagnostic territorial systématique pour chaque entité, croisant les indicateurs d’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé et à l’eau. C’est sur cette base que les programmes ont été élaborés, en conformité avec les Orientations Royales contenues dans de nombreux Discours de Sa Majesté le Roi.
210 milliards de dirhams : la territorialisation se chiffre
L’enveloppe budgétaire estimée à près de 210 milliards de dirhams sur huit ans donne la mesure de l’engagement du Royaume. Ce volume inédit de financements traduit la Haute Volonté Royale de faire de l’amélioration des conditions de vie des citoyens et de la préservation de leur dignité la finalité de toute politique publique. Il s’accompagne d’une architecture de gouvernance rigoureuse à trois niveaux : local, régional et national, chacun doté de responsabilités précises et de mécanismes de coordination clairs.
Au niveau local, un comité présidé par le gouverneur, réunissant élus et représentants des services déconcentrés, prend en charge l’élaboration et le suivi des programmes en concertation directe avec la population. Au niveau régional, le Wali assure la consolidation et la cohérence des projets à l’échelle de chaque région. Au niveau national, un comité présidé par le Chef du gouvernement garantit la validation des programmes, le respect de leur caractère intégré et l’évaluation de leur impact sur le terrain.
Des outils institutionnels repensés
Pour accompagner cette réforme, les Agences régionales d’exécution des projets sont transformées en sociétés anonymes, conciliant les exigences du contrôle public avec la flexibilité et l’efficience du secteur privé. Ce choix institutionnel vise à accélérer le rythme d’exécution sans sacrifier la rigueur de la gouvernance.
La transparence est érigée en principe cardinal. Un audit annuel conjoint mené par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale de l’administration territoriale viendra apprécier les performances et s’assurer du respect des procédures. Une plateforme digitale dédiée permettra par ailleurs à l’ensemble des citoyens et acteurs institutionnels de suivre en temps réel la programmation et l’avancement des projets.
Un socle juridique renforcé
Pour conférer à cette ambition une assise légale solide, le Conseil a approuvé un projet de loi organique modifiant la loi relative aux régions, articulé autour de trois axes : la transformation des agences régionales, la redistribution des compétences propres et partagées avec un recentrage sur le rôle économique de la région, et le renforcement des capacités financières des collectivités territoriales par l’augmentation du plafond des transferts de l’État. Ce texte constitue le socle juridique sans lequel la réforme territoriale resterait sans effet contraignant.
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