Souad Mekkaoui
Messieurs Ayad et Bobin,
Troisième épisode, même recette, posture condescendante, imagerie d’Orient pour salons parisiens, et une mise en scène qui tient plus du soap médiatique que de l’enquête. Vous promettez une radiographie d’un quart de siècle de règne ; vous livrez une série de salons et de seconde zone où l’on confond encore Maghreb avec « casbah et couscous ». Trois anecdotes mondaines, deux potins recyclés, zéro démonstration. On nous vend une « dissection politique » ; on nous sert un décor de lampes à huile, des tapis usés, des serviteurs « tous noirs », l’inconscient fait le reste, le racisme s’invite. Journal « de référence » ? Non, prospectus pour touristes en mal de fantaisie. Mille et Une Nuits sous sédatif.
Vous avez cru peindre une fresque de vingt-six ans de règne ; vous avez pondu une pièce de boulevard : exotisme en carton, scènes de palace, sentences brodées dans la dentelle du mépris parisien. Plat réchauffé, nappé d’une sauce orientaliste pour masquer l’absence de substance. Vous appelez cela « enquête » ; nous y lisons un vieux catéchisme colonial repassé. Votre loupe découvre sans cesse des « réformes inachevées », mais reste aveugle dès qu’il s’agit de faits, de dates, d’ouvrages. Et comme une vieille radio qui grésille, votre refrain tourne : « Maroc figé, réformes inachevées, monarque absent ». C’est élégant, très parisien, et c’est… faux. Le bruit couvre le signal ; la narration couvre l’analyse.
Nous voilà donc au troisième épisode … ni souffle, ni tension, ni prise. Soit, allons au bout, non pour apprendre sur le Maroc, mais pour comprendre votre procédé. Chaque paragraphe parle davantage de vos fantasmes que de notre réalité. Vous titrez cet épisode « Mohammed VI, les réformes inachevées ». Traduction : recyclage d’images touristiques des années 1970, servi avec une arrogance polie. Et pendant que, chez vous, chaque quinquennat s’emploie à « réformer les réformes » du précédent, baptisé « République exemplaire », vous reprochez au Maroc d’avoir, lui aussi, des chantiers en cours. Quelle audace ! Deux poids, deux lexiques.
Très bien. Prenons votre thème au mot. Parlons « réformes ». Parlons faits. Et regardons, point par point, ce que votre feuilleton efface.
Scénographie exotique pour masquer le vide analytique
Messieurs,
Quand on annonce une enquête sur vingt-six ans de règne, on attend une grille politique solide, une lecture économique chiffrée, une analyse géostratégique digne de ce nom. Chez vous, l’ouverture se réduit à une carte postale fanée avec des détails exotisants, kilims, torches, carnations … Voilà, selon vous, l’image d’un pays de plus de trente-sept millions d’habitants ; une ambiance d’opéra oriental, digne d’un guide touristique des années 50. Rien, absolument rien, qui n’éclaire sur l’État marocain, ses institutions, ses choix, ses chantiers.
Vos gros titres claquent comme des décrets, mais se révèlent creux comme des slogans publicitaires. « Réformes inachevées », écrivez-vous, d’un ton sentencieux, comme si l’Histoire se pliait à vos adjectifs. Très bien. Parlons donc d’Histoire et de faits, pas de slogans. Car pendant que vous décrivez des soieries et des coussins de palace, le Maroc posait les fondations d’un changement réel. Pendant que vous exhumiez les clichés de la Mamounia, le Royaume lançait Tanger Med, Noor Ouarzazate, le TGV, la réforme de la Moudawana. Voilà les vraies pierres d’un règne, mais elles n’entrent pas dans votre agencement.
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Vous parlez de « réformes inachevées » ? Fort bien. Mais votre récit est surtout une enquête inachevée, tronquée, mutilée volontairement. Car ce qui manque dans vos colonnes, ce n’est pas du papier glacé, c’est le réel. Vous ne racontez pas un règne, vous racontez une caricature. Et vos omissions ne sont pas des oublis, elles sont des choix. De l’amnésie volontaire.
Leçon d’Histoire à l’intention des amnésiques
1999 — Ouverture, pas vendetta
Retour d’Abraham Serfaty, fin de la résidence surveillée d’Abdessalam Yassine, limogeage de Driss Basri … Vous appelez cela « vengeance ciblée », des millions de Marocains y ont vu la fin d’une ère et le début d’un tournant historique. Le fait politique est clair : ouverture pluraliste fin 1999, puis choc sécuritaire après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca (33 victimes hors kamikazes) qui reconfigure durablement l’agenda public, comme partout à l’époque. Réduire ce basculement documenté par des sources internationales à une « pulsion personnelle », c’est effacer les faits pour sauver une thèse.
2002 — Le droit avant les slogans
Vous écrivez que le Roi « vide le scrutin de son sens ». Rappel utile puisque vous semblez l’ignorer : la Constitution de 1996 n’obligeait pas à nommer le chef du parti arrivé en tête. En 2011, l’article 47 introduit cette obligation, appliquée en 2011 (PJD) puis respectée en 2021 (RNI). Les règles évoluent ; le monarque respecte le droit, ancien puis nouveau. Ce qui cloche ici, ce n’est pas le Maroc, c’est votre lecture biaisée.
2004 — Moudawana, réforme pas anecdote
Âge légal du mariage porté à 18 ans, dérogations strictement encadrées, droits renforcés pour les femmes, statut officiel inédit pour l’épouse du Roi. Et puisqu’on en parle justement, vous cantonnez le mariage du Roi à un « mariage arrangé » de coulisses et à des exceptions en note de bas de page. Par contre, quand William épouse Kate, c’est un conte de fées moderne ; quand Mohammed VI épouse une ingénieure de classe moyenne, polyglotte, c’est… « mise en scène ». Votre neutralité a un visa à géométrie variable. Les révisions engagées depuis 2023 existent ; chez vous, elles disparaissent.
2004–2005 — IER : vérité publique, pas cosmétique
Première commission « vérité » du monde arabe ; audiences télévisées, reconnaissance officielle des victimes des années de plomb, indemnisations massives (27.000 personnes), près de 2 milliards de dirhams consacrés à la réparation, recommandations institutionnelles. Vous balayez d’un revers de main le « bilan limité ». Limité pour qui ? Certainement pas pour ceux dont l’État a nommé les blessures. En France, il a fallu 2022 pour une reconnaissance présidentielle, timide, de la torture en Algérie. Déjà en 2004, au Maroc, la mémoire entrait dans l’espace public. Votre silence est, lui, sans appel.
2016 — Loi 88-13 sur la presse : avance, pas recul
Fin des peines de prison pour délits de presse (remplacées par des amendes), reconnaissance des médias en ligne, création du Conseil national de la presse. Parfait ? Non. Régression ? Non plus. Et puis, vous ressortez l’interdiction de « Le Journal » (2000) pour prouver un « retour de la censure », sauf que détail gênant, la décision venait du gouvernement du socialiste Youssoufi, pas d’un coup de fil du Palais. Même confusion sur TelQuel (2009) lorsqu’un sondage est saisi avant la réforme de 2016. Faut-il rappeler qu’on juge un pays au droit en vigueur à la date des faits, puis on prend acte des évolutions ? Vous, vous mélangez tout pour faire rimer montage et démonstration.
2018 — Droit d’accès à l’information : un jalon ignoré
Loi 31-13 adoptée, mais comme elle ne cadre pas avec votre storyboard ; vous la gommez. Alors oui, ces réformes sont perfectibles. Oui, tout n’est pas parfait et il reste des combats à mener. Oui, la presse marocaine vit sous contraintes, mais elle existe. Vous avez le droit d’estimer ces chantiers insuffisants. Mais vous n’avez pas le droit de faire comme s’ils n’existaient pas. Voilà donc votre méthode : cocher « inachevé », sauter la chronologie, plaquer une conclusion.
Al-Hoceïma, 2016 — Un drame, pas un aphorisme
La mort de Mohcine Fikri est une tragédie nationale. Colère, enquêtes, procès, limogeages ministériels, débats, manifestations : toute la séquence existe et doit être dite. Or vous, vous l’étiquettez « l’échec personnel du Roi ». C’est sommaire. On peut, et on doit, discuter politiques publiques, proportionnalité, développement territorial, mais confondre drame social complexe et psychanalyse expéditive, c’est du café du commerce. Curieusement, quand il s’agit de la France, chaque bavure n’est pas clouée au front d’Emmanuel Macron ; on parle plutôt « d’incident » ou de « tragédie ». Ici, c’est « l’échec du Roi ». L’honnêteté, c’est de décrire toute la séquence, pas seulement la phrase qui arrange. Mélanger les temps pour servir une thèse, ce n’est pas de l’enquête, c’est du montage. Vous n’éclairez rien, vous exploitez. Vous n’analysez pas … vous instrumentalisez.
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Et pendant ce temps, les faits têtus et la réalité, elle, ne se plie pas à votre roman. Des milliards de financements ont été injectés dans le Nord : routes, universités, hôpitaux, zones industrielles. Depuis 1999, le Rif bénéficie d’investissements soutenus, imparfaits, insuffisants certes, lents parfois, mais réels. Bref, la région avance, même quand cela ne cadre pas avec votre scénario.
Double standard, mode d’emploi
Messieurs,
Voilà que vous avez trouvé votre mine d’or journalistique : Forbes. Vous y ramassez des chiffres comme on cueille des marrons sur Google, et vous les servez en prime time en les maquillant en « révélations et scoop ». 5,7 milliards de dollars, dites-vous ! Merci, c’est public depuis vingt ans. Oui, le Roi est riche, il est même richissime et il ne s’en cache pas, et puis quoi encore ?
Vous brandissez la fortune royale comme une anomalie, en gommant l’écosystème qu’elle irrigue. Le point sérieux est ailleurs : les actifs stratégiques qu’elle entraîne, l’effet d’entraînement sectoriel, et la capacité à engager des paris industriels (énergies renouvelables, réseaux, hubs portuaires) que le privé pur rechigne souvent à financer seul. C’est cela que votre papier efface ; la structure, la gouvernance, l’effet macro. Or quand l’État français pilote EDF ou injecte des milliards dans l’hydrogène, c’est du « volontarisme stratégique » et du « capitalisme d’État » ; quand le Maroc mise sur le solaire, c’est « appétit personnel ». Même réalité, deux lexiques, gymnastique sémantique en mode automatique.
Bizarrement, à Londres, ces mêmes chiffres deviennent « patrimoine historique » ; à Riyad, « vision 2030 » ; à Rabat, c’est « cupidité ». Mêmes données, trois récits. Bienvenue dans l’élasticité idéologique made in Paris. Cherchez l’erreur. Vous accusez le Roi Mohammed VI de « concentration des richesses » ? Étrange, venant d’un pays où cinq groupes tiennent plus que la moitié des médias et pèsent sur l’agenda public. Ces mêmes familles qui détiennent vos banques, vos industries, luxe et politique. La différence ? Là-bas, on dit « méritocratie » ; ici, vous dites « accaparement ». Le vocabulaire comme arme de classe ; vos oligarques sont « capitaines d’industrie », notre monarque devient « prédateur ». Et vous osez sermonner sur la « monarchie centralisatrice »… comme si Paris n’était pas la capitale d’une monarchie présidentielle, où ministres et éditorialistes orbitent autour des mêmes magnats et empires économiques.
Vous ironisez sur la fortune royale, mais l’enrichissement par concessions publiques, niches fiscales, plans de sauvetage et marchés d’État, version Arnault, Dassault, Bolloré & Cie … devient chez vous récit de « génie entrepreneurial ». Chez nous, la même alliance entre capital patient et stratégie nationale serait un péché originel. Comme disait Coluche : « Donnez-leur un miroir, ça leur fera des vacances. »
Ironie à la française… mais retour à l’envoyeur
Messieurs,
Ah, le fameux « politologue anonyme ». L’argument vacille ? Vite, on convoque un fantôme. Toujours le même stratagème ; quand les faits manquent, on invente un masque, on cache la source, on fait parler un spectre. Citez un nom, engagez un vrai débat mais non. Vous préférez les ombres chinoises au courage intellectuel surtout qu’un fantôme sert facilement de caution. Et pourtant, la réalité est écrite noir sur blanc : Constitution de 2011. Un texte né dans la foulée du Printemps arabe, qui élargit les libertés, renforce le Parlement, accroît les prérogatives du gouvernement, officialise la langue amazighe, et surtout met fin au caractère « sacré » de la personne du Roi. Son rôle religieux est strictement circonscrit à l’article 41. Voilà le droit positif. On peut débattre de sa mise en pratique, mais les textes existent, opposables, publics, contraignants. C’est du droit, pas de la littérature.
Mais pour vous, c’est « sur le papier seulement ». Peut-être. Mais ce papier est là. Et il vit. En France, on se contente souvent d’un papier qui reste lettre morte (combien de vos « grands principes » dorment dans la Constitution sans jamais être appliqués ?). Le Maroc, lui, a révisé sa Constitution sans effusion de sang, sans effondrement, sans chaos. Comparez : quand Rabat amendait ses institutions par référendum en 2011, vos « printemps démocratiques » exportés au napalm laissaient derrière eux Bagdad, Tripoli, Alep en ruines.
Et puis, vos ricanements sur la beïa… Vous raillez un rituel enraciné dans notre histoire, normal, vous ne comprendrez jamais le lien entre le peuple et la Monarchie. Pourtant vous fermez les yeux sur votre monarchie présidentielle, concentrant tant de pouvoirs qu’un Louis XIV en serait jaloux. Chez nous, c’est « archaïque » ; chez vous, c’est « modernité républicaine ». Double standard, encore. Et pour couronner le tout, vous comparez Mohammed VI à Assad ou aux princes du Golfe ! Sérieux ? En 1999, le Maroc était encore englué dans les « années de plomb ». En 2025, c’est une puissance régionale qui investit massivement en Afrique, attire les gros investisseurs, construit l’un des plus vastes parcs solaires du globe, et exporte déjà son électricité verte vers l’Europe.
Pendant que la vieille Europe s’égarait en débats byzantins sur le Veggie-burger ban au Parlement, le Maroc bâtissait des projets structurants et colossaux. Voilà la modernité en action. Mais ça, vous le taisez. Trop concret, trop efficace, pas assez croustillant. Pas assez « Mille et Une Nuits » pour le lecteur du 7e arrondissement.
Le Maroc réel, pas votre Maroc rêvé
La vérité ? Le Maroc que vous décrivez n’existe plus. Le nôtre est industriel, logistique, énergétique, numérique, ancré en Afrique et interlocuteur incontournable de l’Europe, pont utile entre Nord et Sud. Oui, des défis subsistent notamment les inégalités, l’emploi, le climat, l’éducation, la santé. Mais cela s’appelle un pays vivant. Ici, nous en débattons, nous critiquons, nous corrigeons ; nous n’attendons pas l’onction d’une plume étrangère. Ce que vous dites « inachevé », nous l’appelons « en mouvement ». Votre Maroc est un mirage pour touristes. Le nôtre conçoit, construit, exporte. Et c’est bien cela qui vous dérange.
Vos descriptions, chers messieurs, sentent la naphtaline coloniale : « poufs élimés, Mille et Une Nuits, serviteurs tous noirs ». Marrakech réduite à un backdrop pour remake fauché de Lawrence d’Arabie. On se croirait dans le carnet jauni d’un officier de Lyautey. Hallucinant ! En 2025, Le Monde continue de vendre le Maroc comme on écoule une figurine avec exotisme de bazar, folklore rassurant, Orient figé pour salons du XVIᵉ. Vous ne parlez pas du Maroc moderne ; vous parlez de votre fantasme, celui d’un pays qui doit rester décoratif mais jamais égal. Un Maroc qui divertit sans déranger.
Quand, enfin, les faits vous sautent au visage ( Port Dakhla Atlantique, électrification à 99 %, gestion du Covid saluée, chaînes auto-aéronautique, satellites Mohammed VI-A et VI-B ), vous concédez du bout des lèvres des « acquis incontestables », aussitôt neutralisés par un copy-paste : « désert politique ». Traduction : quand la réalité pèse trop, vous l’admettez… pour mieux repartir en caricature. C’est votre droit d’éditorialiste mais ce n’est pas une méthode d’enquête. Et c’est surtout un aveu que le Maroc avance, et vous le savez. Merci. Tout est dit. Pendant ce temps, au pays du couchant, nous avançons, avec nos contradictions, nos défis, nos forces, nos fragilités mais avec dignité.
C’est dire que vos propres mots se retournent contre votre thèse des « réformes inachevées ». Le Roi a ancré le pays dans le XXIᵉ siècle. Vos flambeaux et vos carpettes font sourire sauf qu’ils ne démolissent pas les infrastructures, les usines, les lois, les interconnexions, les complexes solaires… Et tenez-vous bien, le Maroc n’a pas demandé l’avis du Monde. Nous avons notre pacte national, notre rythme, notre modèle. Nous ne sommes ni un département d’outre-mer, ni un protectorat éternel, encore moins un sujet d’étude pour éditorialistes fatigués. Pas besoin non plus d’un bulletin scolaire signé Avenue Pierre Mendès.
Nous sommes le Maroc qui bâtit des ponts en Afrique, attire Renault, Stellantis, Safran, Boeing, Huawei, forme ses ingénieurs, renforce ses interconnexions électriques avec l’Europe, déploie le solaire et l’éolien, porte des corridors atlantiques, dialogue avec le Sahel, affirme sa souveraineté au Sahara. Chez nous, la Monarchie incarne la continuité et la stabilité et c’est ce qui vous fait tant défaut. Vous voudriez qu’on vous prenne pour modèle ; nous avons choisi d’être nous-mêmes.
Des affaires contestées ? Évidemment. Le Maroc n’est pas parfait et par la même occasion, on pourrait parler de ce qui se passe sous vos cieux si vous voulez. On aurait d’ailleurs volontiers lu votre enquête avec beaucoup d’intérêt si elle était sérieuse et non bâclée, si elle s’était penchée sur nos politiques publiques, notre économie, notre diplomatie et même notre gouvernance. On aurait aimé avoir un regard objectif et des critiques constructives. Or au lieu de cela, vous attaquez la personne du Roi, sans démonstration et sans nouveauté. Étonnant et décevant ! Et vous savez quoi ? Le Maroc a changé. La fortune du Roi n’a rien de secret, sa santé n’est plus un tabou ; maladie comme divorce sont désormais annoncés publiquement par des communiqués officiels. Continuez donc à compter les poufs élimés et les flambeaux. Nous compterons les ponts posés, les usines inaugurées, les satellites, les routes et les infrastructures portuaires qui dessinent l’avenir.
Vos obsessions en disent plus sur vous que sur le Roi Mohammed VI à savoir l’impossibilité d’admettre qu’un pays africain marche debout hors de vos catégories usées. Pour tout vous dire, messieurs, votre 3ème épisode est un exercice bancal ; clichés recyclés, rumeurs en colonne, omissions en bas de page. Vous vous complaisez dans le passé ; nous habitons déjà le XXIᵉ siècle.
Pour conclure, votre série a le défaut des romans coloniaux : croire que le l’apparat tient lieu d’intrigue. Mais vous feignez d’oublier que le Maroc n’est pas une scène. C’est un État, avec ses avancées, ses lenteurs, ses débats, qui se construit. Que cela plaise ou non aux salons parisiens, cela s’appelle un règne.
Maroc diplomatique