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22 mars 2026
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Une finale de coupe d’Afrique peut-elle anéantir tout ce que Mohammed VI a bâti en Afrique ?

Par Hassan Alaoui
Le Roi Mohammed VI cultive avec l’Afrique, on ne le dira jamais assez, un rapport d’une intimité très forte et rare. Pour avoir parcouru certains pays alors qu’il était Prince Héritier, ensuite visité un certain nombre d’autres pays en tant que Roi, il est devenu le « Roi africain », aimé, adulé même. Sans doute devrait-on rappeler qu’en moins de dix ans, il a effectué plus d’une soixantaine de visites d’Etat en Afrique, présidé à la signature de plusieurs dizaines d’accords de coopération. Le Roi a réinventé la diplomatie  Sud-Sud et l’Afrique est terrain de prédilection.
Un match de finale de coupe d’Afrique, si emblématique fut-il, une coupe mal attribuée ou très maladroitement et tardivement remise, auront-ils raison de la relation plus que fraternelle du Maroc et du Sénégal ? Une relation que l’on disait sacrée, faite de fraternité, de sang commun, des versé dans les combats de décolonisation indépendances nationales et des constructions post-coloniales ! Or l’amitié maroco-sénégalaise ne se limite point à ces caractéristiques, non plus au long vécu historique, inscrit dans la durée…
Bien avant la colonisation française et à travers un très long cycle historique, nos deux pays ont partagé un destin commun,  les mêmes valeurs que l’histoire à pétries. L’harmonie constitue chez les deux peuples une sorte de pierre tombale, un marqueur indépassable.
Jamais intimité interafricaine n’a été si prégnante que celle qui imprime de sa dimension exceptionnelle – et chaque jour que Dieu fait – la fraternité maroco-sénégalaise. Le président Senghor et le Roi Hassan II, en paraphant en 1963 la fameuse Convention d’établissement entre les deux pays étaient comme l’on dit partis très loin dans leur volonté de réduire toute distance, de mettre à la portée de leurs deux peuples les dispositions de cohabitation et de vivre ensemble. Les deux chefs d’Etat étaient en effet des visionnaires. La Convention qui a célébré en 2024 son 60ème anniversaire, prescrit que tout Sénégalais vivant au Maroc et inversement tout Marocain installé au Sénégal bénéficient des mêmes droits, la détention de la carte d’identité nationale leur suffisant comme pièce juridique. Senghor étant parti, ses successeurs -Diouf, Wade et Macky Sall et même l’actuel président Bassirou- ne dérogent nullement à cette fidélité institutionnalisée et inscrite comme une devise sur le fronton de l’amitié maroco-sénégalaise.
La communauté sénégalaise installée au Maroc depuis des décennies est une composante essentielle de notre économie, mais également le modèle achevé de l’intégration interafricaine dont le Maroc se prévaut à juste titre. Rien ni personne n’y changera ou viendra perturber cette réalité historique. Quel que soit le pouvoir qui s’instaure par les urnes à Dakar – car le Sénégal est le modèle envié de la démocratie dans le continent -, la relation privilégiée entre le Maroc et le Sénégal demeure intacte. Dakar, cette belle cité mythique, abrite un important boulevard qui porte le nom de Mohammed V, de très nombreux commerces sont dirigés par des citoyens marocains confortablement installés au Sénégal depuis la « nuit des temps », il existe une consanguinité exemplaire qui est à l’histoire des familles ce que le symbole du sang impose au sein d’une famille. Pour ne citer que cet exemple, notre ancien ambassadeur à Dakar, Mohamed Berrada est lui-même comme beaucoup d’autres à moitié sénégalais par sa mère. L’actuel ambassadeur du Maroc à Dakar, Hassan Naciri, tout à sa jovialité et sa compétence, renforce à son tour une continuité historique. De très nombreuses familles de Fès dont des noms prestigieux emplissent les annales de la chronique intime maroco-sénégalaise ont fait fortune au Sénégal et, à ce titre, incarnent la force séculaire des liens entre nos deux peuples.
Nous ne cesserons jamais de souligner le caractère exceptionnel de cette relation non moins exemplaire entre nos deux pays. Les vœux du Roi Hassan II et du président Senghor, deux pionniers de l’unité africaine, seraient-ils mis en cause, que leurs fantômes se réveilleraient pour un sévère rappel à l’ordre !
Aujourd’hui, plus que jamais, cette solidarité ne peut être ni mise en cause, ni altérée et encore moins détruite, sous quelque prétexte que ce soit, fût-il un point d’orgueil ou d’honneur ! Le Maroc, pays africain et membre fondateur de l’OUA, bâtisseur de ce qu’on appelle le « partenariat Sud-Sud », premier investisseur en Afrique – ou deuxième peu importe !…-, il est à la pointe d’une conscience radicale des enjeux continentaux et sa présence en Afrique d’égale que son rôle joué en sa qualité de membre fondateur d’une conscience collective et un pilier  de la solidarité continentale. Notre pays est connu – je dirais loué – pour son rôle et son poids dans le dénouement des crises et des conflits qui déchirent le continent. Tant et si bien qu’avec le Sénégal, pays frère ou les autres pays du continent, il convient de respecter la fierté de leurs peuples , leur orgueil national, leur sentiment et leur fierté. Comme l’hirondelle de printemps , une édition de la Coupe d’Afrique passe.
Sauf que pour cette dernière édition, il convient de rappeler que le Maroc a investi les yeux de la tête, en termes d’infrastructures, d’organisation logistique d’accueil, de sécurité, de communication… Toutes composantes incluses l’équivalent de 12 Milliards de dirhams. S’il n’est pas simplement remercié à juste titre pour tout ce qu’il a fait, comme jamais aucun autre Etat n’y prétendrait, s’il est même critiqué voire attaqué par un ramassis de frustrés et corrompus par nos adversaires, que nous voilà tout autant heureux d’avoir réussi un tel pari.
On conclura que – crise ou pas avec le Sénégal – , le Maroc dénoue les crises et ne les créent jamais. Il cultive une vocation d’incomparable médiateur, de messager de la paix, ce « Missi dominici » légendaire…
maroc diplomatique

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