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14 mars 2026
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La guerre en Iran, ses leçons, ses soutiens au Maroc révélés

Par Hassan Alaoui
Une infernale confusion règne sur le théâtre de la guerre au Moyen Orient. Entre les échanges de missiles et de drones, il y a la pénurie habituelle de la communication qui reste l’apanage des états-majors militaires, il y a également les campagnes – notamment iraniennes – de propagande et la confiscation caractéristique de la vérité…
Si bien que toute analyse reste aléatoire voire hasardeuse.
Le sujet, d’emblée, n’invite pas à la complaisance ni à la controverse inutile. Mais l’actualité, sans nuance, nous invite au débat et aux clarifications. Depuis quelques années, cahin caha, le Maroc assiste à une montée du chiîsme plus qu’évidente, lente mais très discrète au départ, et au fil du temps affichée.
Branche contestataire de l’Islam sunnite, ses fidèles qui défendent le califat de Ali, représentent actuellement moins de 20% des Musulmans dans le monde, avec une concentration majoritaire en Iran notamment où elle fleurit, mais aussi en Irak et, minoritairement éparpillés, dans les pays arabo-musulmans comme le Maroc.
Depuis 1979, date à laquelle l’Iran a connu un changement radical à la tête du pouvoir, avec l’arrivée de l’Ayatollah Khomeiny, l’instauration d’un ordre « islamiste », transformé en très peu d’années en dictature radicale, un paradigme inédit s’est instauré. Une coupure plutôt caractérisée par la confrontation politique entre le bloc chîite et le bloc d’obédience sunnite…
A la faveur de la guerre du Moyen Orient, nous avons constaté la sortie sur la scène publique, de nombreux partisans de l’Iran, à Tanger notamment. Ce n’est pas une surprise, dès lors qu’au Maroc, la liberté du culte est inscrite dans la Constitution et les pratiques religieuses diversifiées. Les Chîites déclarés au Maroc représentent une petite minorité, estimée à quelque 8 à 10.000 fidèles. Ils sont actifs, visibles même et revendiquent leur solidarité et leur fidélité aux autres mouvements chîites du Moyen Orient. Or, la guerre actuelle menée par Israël et les Etats-Unis a vite révélé leur allégeance à la République islamique de l’Iran.
On en veut pour preuve cette proclamation vertueuse, faite du haut d’une télévision nationale – et abondamment reprise un peu partout – de Abdelilah Benkirane, figure de proue du premier parti islamique, le PJD, qui affirme : « Nous soutenons l’Iran et nous serons toujours du côté de l’Iran… »
Pour autant, leur impact est insignifiant et bien entendu ne porte à nulle conséquence. Comme toutes les autres minorités au Maroc, les chîites restent attachés à leur pays, à l’Islam et au Roi, ils consacrent ainsi un courant et élément de diversification qui est au Maroc ce qu’une mosaïque pétrie à tous les stades est à son histoire. Et bien évidemment à sa richesse.
A l’instar des autres pays arabes, et bien avant eux, le Maroc a condamné vigoureusement l’interventionnisme du gouvernement iranien devenu depuis quelques années sa marque de fabrique. On ne dira jamais assez comment il est devenu l’allié de l’Algérie contre notre pays, comment il soutient le polisario, en le finançant, en lui fournissant des armes et comment Alger est devenu l’épicentre du complotisme avéré contre le Maroc. N’est-ce pas Alger qui a reçu le successivement le Morchid iranien al-Mahdi et d’autres prédicateurs islamistes venus élaborer une prétendue stratégie contre le Royaume ? Et que dire de cette même hargneuse Algérie qui encadre des terroristes et leur assigne la mission de nous agresser ?
La Ligue arabe condamne Alger
La dernière réunion des pays arabes ne s’y est pas trompée : dans leur résolution finale, ils ont condamné l’Algérie, seul pays qui n’a pas dénoncé les agressions de l’Iran contre les pays arabes du Golfe , seul pays qui , défiant la communauté arabe, proclame son soutien explicite au régime des mollahs.
Au 13eme jour de la guerre, la question se pose, brutale ment, alors que Téhéran est en ruine : les Etats-Unis et Israël ont-ils finalement assouvi leur désir de mettre à plat la République islamique de l’Iran et enrayé finalement le spectre qu’elle représente pour eux ? Pour sûr que la question de la puissance nucléaire de l’Iran ne sera jamais réglée par des bombardements massifs américains ou autres. Les dirigeants islamistes ont pris la décision de « planquer » dans les montagnes infranchissables d’Ispahan les 440 kilos d’uranium capables de fournir la possibilité de fabriquer l’équivalent de 11 bombes thermonucléaires, les mêmes dirigeants, avisés en stratégie militaire, viennent de bloquer jusqu’à nouvel ordre le passage dans le Détroit d’Ormuz de tous les navires qui font transiter plus de 2o% de la production mondiale de pétrole – et c’est énorme !
On devrait conclure en effet avec ce propos presqu’emprunté de Raymond Aron que dans cette deuxième guerre, il n’y aura à coup sûr ni vainqueur ni vaincu…

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