Meknès – La 6ème conférence ministérielle de l’Initiative AAA (Adaptation de l’agriculture africaine), tenue mercredi à Meknès, en marge du 18ème Salon International de l’agriculture au Maroc (SIAM), a été l’occasion de célébrer 10 ans d’engagement commun en faveur d’une agriculture africaine résiliente, durable et prospère.
“Il y a dix ans, à Marrakech, en marge de la COP22, des dirigeants africains se réunissaient pour répondre à une question simple et urgente : comment protéger l’agriculture africaine des effets d’un changement climatique que le continent n’a pas causé, mais que nous subissons tous, et en première ligne nos agriculteurs”, a dit, à cette occasion, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, et Président de la Fondation Initiative AAA, Ahmed El Bouari.
“C’est de cette conviction, portée par la vision Royale éclairée, qu’est née l’Initiative Triple A”, a poursuivi le ministre, relevant qu’elle s’aligne sur une ambition visant à doter l’Afrique d’une voix unifiée sur l’adaptation agricole au changement climatique, capable de peser dans les négociations climatiques mondiales, à mobiliser des financements, et à catalyser des solutions concrètes pour ses agriculteurs.
Dans cette dynamique, il a soulevé que l’Initiative Triple A devrait entrer dans sa deuxième décennie avec des ambitions claires. Il s’agit d’accélérer les solutions qui fonctionnent, de renforcer les services climatiques pour les agriculteurs, de plaider pour un financement plus équitable — davantage de subventions, moins de prêts qui alourdissent la dette de nos Etats — en garantissant que les femmes et les jeunes en bénéficient pleinement.
Pour sa part, Mohamed Fikrat, Président du Directoire du Groupe du Crédit Agricole du Maroc et membre du Conseil d’administration de la fondation Intiative AAA, a noté que le financement de l’agriculture africaine dans un contexte de changement climatique ne peut plus se faire selon les schémas traditionnels, préconisant de dépasser une logique de projets isolés pour privilégier des approches intégrées à l’échelle des filières et des territoires.
Pour lui, cela suppose également d’accepter des temporalités plus longues en cohérence avec les cycles agricoles et les trajectoires de transition, d’intégrer les risques plus complexes liés notamment à la variabilité climatique, à la volatilité des rendements et aux fragilités des écosystèmes.
Au-delà de la seule dimension agricole, il est question aussi de préserver les équilibres sociaux essentiels et de maintenir les dynamiques économiques dans les territoires ruraux, en accompagnant les filières agricoles dans leur structuration en combinant financement, accompagnement technique et dispositifs de gestion des risques, a indiqué M. Fikrat.
Le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Maroc, Alexandre Huynh, est revenu, quant à lui, sur le cap des dix années écoulées, qu’il a qualifié à la fois de court et de considérable. “Court, au regard de l’ampleur des défis climatiques et des crises multiples auxquels l’agriculture africaine est confrontée”, a-t-il relevé.
Parallèlement, ce cap se veut considérable, au vu des avancées enregistrées depuis 2016, marquées par la tenue de cinq conférences ministérielles, la concrétisation d’engagements et l’émergence d’une plateforme continentale désormais solidement inscrite dans le paysage institutionnel africain, a expliqué M. Huynh.
Initiée sous le thème “10 ans de l’Initiative Triple A (2016–2026) : Bilan, Vision et Engagement renouvelé”, cette conférence ministérielle a été marquée par la présence de la directrice exécutive du Conseil International des Dattes, Son Altesse Royale la Princesse Sara Bent Bandar Bin Abdelaziz Al Saoud, dont la participation a conféré un relief particulier à cette édition et témoigne de l’intérêt porté aux enjeux de l’adaptation de l’agriculture africaine au changement climatique.
Cette édition a réuni les représentants de 13 pays africains, dont 10 ministres, aux côtés de leurs partenaires institutionnels et financiers, ainsi que des institutions de recherche et de la société civile, pour un moment stratégique de bilan, de mobilisation et de projection, en faveur de l’adaptation agricole africaine.
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