Le Maroc, carrefour stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, a su ériger son secteur logistique en un pilier fondamental de son développement économique. Grâce à une vision proactive et des investissements massifs, le Royaume s’affirme comme un hub logistique incontournable, dont les performances sont attestées par des chiffres éloquents et une dynamique de croissance soutenue.
Le secteur de la logistique au Maroc : bilan et perspectives 2025
Le secteur du transport et de la logistique au Maroc continue d’occuper une place structurante dans l’économie nationale. En 2025, sa contribution au Produit Intérieur Brut (PIB) est estimée à environ 5,1%, d’après les données du Ministère du Transport et de la Logistique. Il constitue également un important vivier d’emplois, avec plus de 425 000 postes directs recensés par la même source. La ventilation de ces emplois révèle la prédominance du transport routier (60%), suivi du maritime (20%), du ferroviaire (10%) et de l’aérien (10%), illustrant l’interdépendance des différents maillons logistiques.
Les investissements dans ce secteur stratégique poursuivent leur progression. Au titre de l’année 2025, l’effort public global s’est élevé à 340 milliards de dirhams, comme l’indique le Projet de Loi de Finances 2026. Dans ce cadre, l’Agence Marocaine de Développement de la Logistique (AMDL) a entériné, en janvier 2026, un budget d’investissement avoisinant 660 millions de dirhams pour l’exercice en cours, selon une communication officielle de l’agence.
Une performance logistique en constante amélioration
L’amélioration de la compétitivité logistique demeure un axe prioritaire. L’Agence Marocaine de Développement de la Logistique (AMDL) ambitionne de réduire les coûts logistiques à hauteur de 20% à court terme, avec une cible revue à 8% du PIB à l’horizon 2030, conformément à la Stratégie Nationale de Développement de la Compétitivité Logistique pilotée par l’AMDL.
Les infrastructures portuaires continuent de tirer cette dynamique. Le trafic maritime global a atteint 262,6 millions de tonnes en 2025, en hausse de 8,9% sur un an (selon la Note de Conjoncture du Ministère de l’Économie et des Finances). Le port Tanger Med consolide son leadership en Méditerranée et en Afrique, avec plus de 11,1 millions de conteneurs EVP traités (comme le confirme un communiqué de la Tanger Med Port Authority). Son tonnage global s’élève à 209 millions de tonnes sur la même période (selon le Groupe Tanger Med). Par ailleurs, les ports relevant de l’Agence Nationale des Ports (ANP) affichent également des performances soutenues : au premier semestre 2025, Jorf Lasfar concentre près de 38,92% du trafic, tandis que Casablanca en capte 31,19% (d’après le tableau de bord de l’ANP).
Des infrastructures diversifiées et en expansion
Le Maroc dispose d’un réseau d’infrastructures dense et en développement. Le réseau routier s’étend sur 57 000 km, dont 1 800 km d’autoroutes exploitées par Autoroutes du Maroc, selon les chiffres du ministère de tutelle. L’opérateur autoroutier a enregistré un chiffre d’affaires de 6,78 milliards de dirhams en 2025, comme le rapporte LeDesk.ma.
Le ferroviaire affiche également une dynamique soutenue. L’ONCF a transporté un volume record de 56 millions de voyageurs, d’après des données sectorielles relayées par la presse spécialisée. L’activité fret poursuit sa progression, avec 11 millions de tonnes acheminées au premier semestre 2025, générant un chiffre d’affaires de 744 millions de dirhams, en hausse de 6% sur un an, selon une communication de l’Office. À l’échelle nationale, le volume global de marchandises transportées dépasse désormais les 220 millions de tonnes, comme l’indique le Ministère du Transport.
Le transport aérien confirme cette dynamique haussière. En 2025, les aéroports marocains ont accueilli 36,3 millions de passagers, en progression de 11%, d’après l’Office National des Aéroports (ONDA). Le fret aérien s’inscrit dans la même tendance, avec une hausse de 23,98% à fin février 2026, puis de 13,33% à fin mars, en glissement annuel, selon le Ministère du Transport et de la Logistique s’appuyant sur les données de l’ONDA. Sur l’ensemble de l’année 2025, les volumes ont ainsi dépassé le seuil des 100 000 tonnes.
Le développement de plateformes logistiques modernes reste un levier central. Le Royaume dispose aujourd’hui de près de 600 hectares dédiés à ces infrastructures, notamment à Casablanca et Tanger. Pour accompagner cette expansion, l’AMDL a confirmé un investissement de 660 millions de dirhams pour 2026, comme précisé dans sa dernière communication institutionnelle.
Une vision stratégique à l’horizon 2030
La stratégie nationale de compétitivité logistique, pilotée par l’AMDL, s’inscrit dans une vision à long terme axée sur l’innovation et la durabilité. L’intégration de solutions numériques avancées, telles que les systèmes de gestion de la chaîne d’approvisionnement et les technologies de traçabilité, traduit cette orientation.
Sur le plan environnemental, les autorités entendent réduire l’empreinte carbone du secteur, notamment à travers le report modal vers le ferroviaire et le maritime. Cette ambition est portée par le Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable. Des projets structurants, à l’image du port Nador West Med ou de l’extension de la ligne à grande vitesse vers Marrakech et Agadir, illustrent les transformations en cours et dessinent les contours de la logistique marocaine de demain.
Le port de Tanger Med, véritable locomotive logistique, a traité plus de 11 millions de conteneurs EVP (Équivalent Vingt Pieds) en 2025, confirmant sa position parmi les plus grands ports de la Méditerranée et d’Afrique. Son tonnage global a atteint 161 millions de tonnes de marchandises manutentionnées en 2025, enregistrant une progression notable de 8,4% du volume de conteneurs par rapport à 2024.
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