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13 juin 2026
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Entre mirage dégonflé de Gharat Jebilet et surenchère mensongère de Tebboune

Par Hassan Alaoui
Ce qui n’était réellement qu’une annonce de lancement plus ou moins officiel du sempiternel projet de gazoduc transsaharien devant relier le Nigéria à l’Algérie via le Niger , est devenu depuis quelques jours un prétexte de conquête jubilatoire et l’objet d’un triomphalisme qui atteint à l’arrogance.
Oui, en effet, le gouvernement algérien a décidé de nous ressortir la sempiternelle proclamation de son projet phare de gazoduc. Ce mirage sorti des limbes de l’Adrar, fracassant miroir mensonger d’un pouvoir en mal de légitimité et en quête irrésistible de justification auprès de son peuple, s’est écroulé un beau matin. Il a suffi en effet qu’un « touriste » venu du lointain Qatar filmer la mythique « fosse » de Gharat Jebilet, pour que la vérité ascendante – photos à l’appui – éclate de nouveau…et révèle au grand jour sa cruauté à la face du monde.
Les propagandistes du pouvoir militaire, inutile de le répéter, en ont pour leur grade. Ce mythe de Gharat Jébilet qui lie pourtant le Maroc et l’Algérie par un accord de coopération depuis 1972 ,rejoint les abracadabrantes promesses du président algérien, toutes démenties, par exemple sur le dessalement de l’eau par milliards de mètres cubes annoncé il y a quelques mois par Tebboune, sur al-qawa addariba, et autres calembredaines… Devenue registre officiel, cette culture du mensonge d’Etat s’inscrit dans le long et pathétique répertoire des promesses mensongères de Tebboune lui-même.
Le Transsaharien, miroir aux alouettes
Depuis de longs mois, les relais médiatiques du pouvoir militaire n’ont de cesse de nous rebattre les oreilles du succès de projet de Gharat Jebilet qui, tout compte fait et à bien y regarder, n’a même pas encore été réellement mis en œuvre, non plus de ce transsaharien célébré en grande pompe, dont on connait seulement le dérisoire tronçon lancé au Niger. Et dont le gouvernement algérien, tout à son empressement contrarié par l’épreuve du temps, vient à peine de proclamer sur papier son lancement. Lors d’une cérémonie officielle, il y a associé bien entendu les ministres concernées du Nigéria et du Niger et, mobilisant ses propagandistes connus, il a multiplié les effets d’annonce, prenant soin de décliner cartes géographiques, longueurs de kilométrages et de cheminement, projections de financement, discours intempestifs des trois ministres concernée et tutti quanti…Ce qui était officiel restait néanmoins confiné à la dimension d’un événement de propagande, sans nouveauté ni portée réelle. Les chiffres de 13 Milliards de dollars, le financement quasi intégral par l’Algérie de la partie du Niger, l’ambition affichée de relier le Nigéria, le Niger, l’Algérie et comme Tebboune s’enorgueillit , le port d’Oran à l’Europe. Tout ça avec des clins d’œil au Maroc , acerbes et peu ou pas du tout respectueux…
La sourde oreille envers le Maroc
Il convient de rappeler que le projet transsaharien est aussi vieux que le siècle ! Au moins à près de vingt ans bien avant l’arrivée de Tebboune au pouvoir en 2017 voire même à son entrée officielle en politique sur ordre de l’armée. Qu’il en fasse aujourd’hui un cheval de bataille ou un argument démagogique n’étonne que les crédules, habitués au demeurant à ses grandiloquences mensongères. Qu’il s’en vante aussi en recourant comme à son obsessionnelle habitude à une rhétorique anti-marocaine nous en dit encore long sur sa frustration et confirme en effet le complexe maladif que lui infligent les succès du Maroc. Notre confrère Abdou Semmar, qui passe pour être un journaliste bien informé n’ayant pas sa langue dans sa poche, n’a pas d’autre mot pour qualifier cette mascarade de « bluff » ! Et de fait, le président algérien incarne un personnage de coupeur de cheveux en quatre qui, faute de justifier les échecs répétés de son mandat, s’invente un « responsable », un bouc : le Royaume du Maroc.
D’ailleurs, cette propension à impliquer à tout bout de champ, avec une malhonnêteté caractérisée notre pays, Abdelmajid Tebboune en a fait son cheval de bataille idéologique et, pis encore, une arme de conditionnement de son peuple. Avant son arrivée au pouvoir en 2017 par la grâce de l’armée, jamais en effet haine et mépris envers le Maroc et son peuple, n’avaient atteint une aussi hallucinante démesure. Elle nous renvoie au règne d’un Houari Boumediene qui est à vrai dire l’incendiaire fabricant de la haine anti-marocaine, le traître et l’exécuteur des idéaux « révolutionnaires » des combattants algériens, l’attiseur d’une hostilité devenue raison d’Etat et alimentée envers notre pays, bref le fossoyeur du Maghreb. Dans son sillage, à l’ombre de ses potences ont, bien évidemment, évolué ses successeurs proches et lointains, nourris de la même rengaine contre le Maroc dont Tebboune incarne néanmoins la plus démagogique et tragique figure.
Une noble vision de Mohammed VI
Sans aucun doute, devrait-on à présent mieux et davantage apprécier à leur juste valeur les conséquences des treize années de pouvoir sans partage de Boumediene, et notamment la place occupée par les six prédécesseurs de Tebboune demeurés irréductiblement attachés au dogme de l’anti-marocanisme, avec cette exception tragique de Mohamed Boudiaf, lâchement assassiné le 29 juin 1992 à Annaba, quelques mois seulement après son retour d’exil au Maroc.
Le Roi Mohammed VI, dans une noblesse non feinte, propose-t-il au président algérien de renouer un dialogue sincère entre nos deux pays ? Mais voilà que Tebboune, l’orgueil mal placé, le rejette avec arrogance même ou feint de l’ignorer. Sans parler de cette piteuse désinvolture qui signifie tout simplement un manque de courage, l’absence de sincérité voire l’aveuglement caractéristique des dirigeants algériens formatés depuis toujours au mépris du « voisin de l’ouest », à son dénigrement constant.
Gharat Jebilet était un projet maroco-algérien exemplaire, signé entre le Roi Hassan II et le président Houari en 1972. Il illustrait une ambitieuse coopération sud-sud et donc un premier jalon de ce que devait être la constitution plus tard d’un Maghreb arabe uni aux potentialités prometteuses. L’ambition collective des peuples des cinq Etats concernés – Maroc, Mauritanie, Algérie, Tunisie et Libye – s’est tout simplement trouvée subitement évaporée par la folle et meurtrière ambition des dirigeants algériens qui l’ont ni plus ni moins sabotée.

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