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3 octobre 2022
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Libye : des manifestants investissent le siège du Parlement à Tobrouk

Des manifestants ont investi vendredi 1er juillet le siège du Parlement libyen à Tobrouk, dans l’est du pays, en protestant contre la détérioration des conditions de vie et l’impasse politique, ont rapporté les médias.
Plusieurs chaînes de télévision ont affirmé que des manifestants avaient pénétré à l’intérieur du bâtiment et commis des saccages. Des images diffusées par les médias montraient d’épaisses colonnes de fumée noire se dégageant du périmètre de la bâtisse après que des jeunes protestataires en colère ont brûlé des pneus. D’autres médias ont affirmé qu’une partie du bâtiment a été brûlée. Le Parlement était vide lorsque les manifestants y sont entrés, vendredi étant jour férié en Libye.
Situation critique du pays
Un bulldozer conduit par un manifestant a défoncé une partie du portail de l’enceinte du bâtiment, facilitant l’irruption des manifestants à l’intérieur, selon les images. Des voitures de députés ont été incendiées. D’autres manifestants, dont certains brandissaient des drapeaux verts de l’ancien régime de Mouammar Kadhafi, jetaient en l’air des documents qu’ils ont récupérés dans les bureaux. Cette manifestation a eu lieu alors que le pays est en proie depuis plusieurs jours à des coupures de courant, des pannes aggravées par le blocage de plusieurs installations pétrolières sur fond de querelles politiques entre camps rivaux. «Nous voulons avoir de la lumière», scandaient les manifestants.
«Nous devons reconnaître notre échec et nous retirer immédiatement de la scène politique», a affirmé un député, Balkheir Alshaab, cité par la chaîne Libya al-Ahrar. Deux gouvernements se disputent le pouvoir depuis mars: l’un basé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah depuis 2021 et un autre conduit par Fathi Bachagha et soutenu par le Parlement de Tobrouk et le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est.
Des élections reportées
Des scrutins présidentiel et législatif devaient initialement se tenir en décembre 2021 en Libye, pour couronner un processus de paix parrainé par l’ONU après des violences en 2020. Mais ils ont été reportés sine die en raison de fortes divergences entre rivaux politiques et des tensions sur le terrain. Le dernier round de pourparlers menés à l’ONU entre les présidents des deux chambres rivales a pris fin jeudi sans accord sur un cadre constitutionnel permettant la tenue d’élections. Les négociations étaient menées par le président de la Chambre des représentants de Tobrouk Aguila Saleh et le président du Haut Conseil d’État basé à Tripoli Khaled el-Mechri.
La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime Kadhafi en 2011. D’autres manifestations contre les conditions de vie et l’incurie de la classe politique ont eu lieu vendredi à Tripoli et dans d’autres villes libyennes mais aucun débordement n’a été signalé.

le figaro

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